Le constat
Carrefour est une commune dont plus de 70% de la superficie est rurale. L’activité principale de la zone rurale est une agriculture sarclée sur des pentes élevées. Ces pratiques culturales entraînent l’érosion de plus en plus forte des terres et une grande vulnérabilité des zones urbaines, en aval de la commune. Ces dernières, à la moindre averse sont inondées et croulent sous les alluvions qui leur arrivent des mornes.
A côté de ce problème environnemental, accentué par les changements climatiques, les ruraux de Carrefour font face à un enclavement, malgré leur proximité de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, qui limite la diversification de l’économie de la zone.
Un revenu faible dans un environnement de plus en plus dégradé ne peut qu’accélérer le déséquilibre environnemental par la pression exercée sur les ressources par les riverains, au risque de créer un spiral infernal aux conséquences graves à la fois sur les ruraux et sur les urbains des communes limitrophes.
Lakay pi bon se propose de contribuer à un modèle dont l’objectif est d’apporter une réponse multidimensionnelle au problème des Carrefourois. Il s’agit de :
1. Augmenter la couverture végétale
2. Améliorer la fertilité des sols
3. Limiter la dégradation des sols
4. Augmenter la production agricole
5. Diversifier la production agricole
6. Promouvoir des filières porteuses
7. Améliorer le revenu des ruraux
Le modèle proposé par Lakay pi bon est une approche de jardin agroécologique modèle (JAEM). Il est un outil pédagogique pour former les agriculteurs à l’approche pendant qu’ils pourront voir, questionner et discuter sur l’évolution des jardins mis en place. Les premiers JAEMs seront mis en place à Bedon (Première section communale de Morne à Chandelle 1), à Sept Ma (Troisième section communale de Taïfer) et à Dégand (Onzième section communale de Rivière Froide).
Le JAEM sera mis en place sur 27 mois. Dans les trois premiers mois, les cultures qu’on sait cultiver sur la parcelle seront mise en place et dans ces parcelles cultivées seront plantées des arbres d’ombrage, à croissance rapide à une densité de 100 plantules par hectare (129 par carreaux). Six mois plus tard, les pépinières de fruitiers (surtout des citrus), de café et/ou de Cacao sont mise en place, pour pourvoir constitué l’essentiel de la deuxième strate. Un total de 400 plantes seront plantés par hectare (516 par carreau) au quinzième mois. Les cultures céréalières seront progressivement remplacées par d’autres plus tolérantes aux conditions de couverture (igname, Mirliton, Grenadia, Banane dessert, Canne de bouche, …) et tous le système sera stabilisé douze mois plus tard avec une strate annuelle, une strate de production pérenne constitué de café, cacao, de fruitiers (surtout citrus) et/ou banane dessert et une strate d’arbres forestiers de couverture.
Parallèlement à la mise en place des cultures, des structures de conservation de sol seront mises en place pour corriger et traiter toutes griffes d’érosion et de ravines qui se forment sur la parcelle. Les structures vivantes seront priorisées (Canne, herbe éléphant, vétiver, …) mais des murs secs peuvent aussi être construits quand la parcelle dispose d’assez de pierres et quand c’est nécessaire.
Budget indicatif pour un (1) carreau (1,29 Ha)
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Quantité
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Prix Unitaire
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Prix total
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Auto financement
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Apport souhaité
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Arbres de couverture forestiers
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129
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900
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116 100
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25 800
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90300
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Strate de production pérenne
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516
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600
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309 600
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103200
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206 400
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Cultures annuelles
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3
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150 000
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450 000
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300 000
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150 000
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Main d’œuvre
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228
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750
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171 000
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37 500
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133 500
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Structure de Conservation de sol
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FF
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225 000
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225 000
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75 000
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150 000
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Total en gourdes
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1 271 700
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541 500
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730200
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Total en US dollars
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9 561
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4 071
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5 490
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